lundi 12 décembre 2005
La fidélité avant tout
Étant entendu que, dans un souci démocratique, les différentes fédérations UDF sont invitées à trancher dans le débat qui oppose François Bayrou à Gilles de Robien, je me saisis de ce site internet pour faire valoir avis. D'un point de vue national, je ne vois pas en quoi coller à la roue de l'UMP nous rapporterait quoi que ce soit. Jacques Chirac a perdu toute crédibilité. S'il s'était véritablement inscrit dans la lignée Gaullienne qu'il prétend être la sienne, il aurait dû démissionner au lendemain du référendum sur l'Europe. Je passe sur ses effets de manche concernant la fracture sociale ou son parti pris intenable à propos de l'adhésion de la Turquie à l'Europe. Depuis longtemps, les militants UDF ont dû se faire une opinion et je n'ai guère de doute sur celle-ci. L'élection présidentielle de 2002 était un malentendu, privant le Président de la République d'une véritable légitimité. La situation insurrectionnelle que nous avons connue il y quelques mois, a clairement démontré que la France ne se gouvernait pas avec l'assentiment d'un dixième de nos concitoyens. Quant à Dominique de Villepin et à son bilan, je perçois, comme tous les Français, combien la rivalité entre le Premier ministre et le Ministre de l'Intérieur s'exacerbe. Et je suppose que nous n'avons encore rien vu. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que nous assisterons sous peu à une répétition du duel entre Jacques Chirac et Édouard Balladur de 1995. Cette joute à l'intérieur de l'UMP ne servant de fait qu'à renforcer le parti socialiste. L'UDF n'a de chance de rencontrer l'adhésion de la Nation qu'en se désolidarisant nettement du bilan gouvernemental et en affichant un programme de rupture. Les élections régionales et européennes ont suffisamment montré la volonté de changement qui prévalait désormais dans le pays. Les électeurs souhaitent une autre politique. À nous de l'incarner.
Ce billet, écrit à 09:29 par Hugues Rondeau dans la catégorie Billet du jour a suscité :