Un débat sur l’identité nationale à Bussy Saint-Georges
Par Hugues Rondeau, mercredi 6 janvier 2010 à 14:42 :: Billet du jour :: permalien #692
Longtemps, je me suis fait tirer l’oreille avant d’accepter la proposition de notre conseillère municipale Antoinette Montaigne d’organiser sur notre ville un de ces débats posant question sur l’identité de la nation tels qu’ils sont souhaités par le ministre Besson. Je suis en effet sceptique sur cette démarche visant en quelques heures à cerner le mystère du "Pré Carré", expliciter en peu de mots ce qu’est la nation française, construction historique improbable, mais qui pourtant représente l’un des socles du vieux continent.
Ayant moi-même livré quelques réflexions - je ne suis pas certain, plus de 15 ans après, que j’en revendiquerais chaque ligne - dans mon opuscule L’Âme des Démocraties (Edition Téqui 1994), j’ai suffisamment cru à une mystique de la nation pour me garder d’en tenter le résumé. Ceci dit, si j’ai cédé, c’est parce que cette demande d’une reprise à l’échelon local de l’initiative d’Eric Besson émane d’une élue issue de l’immigration. Ce qui n’est pas un cas isolé puisque le seul jeune qui m’en ait parlé à Bussy Saint-Georges était un adolescent d’origine africaine. Il déplorait que je le prive de la possibilité d’abord et surtout de mieux cerner son appartenance à la France et sa relation particulière à notre culture et notre histoire. Il est vrai que le "vivre ensemble" nécessite – et c’est peut être là l’aspect le plus intéressant de la démarche gouvernementale – de savoir qui nous sommes et pourquoi nous sommes amenés à traverser sur des bases communes un destin partagé.
S’il ne s’agit pas de dire la France à trois ou quatre et en peu de mots, il pourrait bien se trouver là une occasion de nous confronter à nous-mêmes et aux autres et donc d’en tirer profit pour affronter l’avenir. S’affirmer Français et comprendre d'où nous venons revient sans doute à jeter les bases d’une meilleure intégration pour ceux arrivés en dernier sur notre sol, et au-delà, pour les autres de consolider leur capacité à s’accepter, à s’unir et à rentrer pleinement dans la construction européenne et dans le village mondial. Certains dans l’opposition regrettent que le débat sur l’identité nationale vienne éclipser les difficultés auxquelles les Français sont confrontés, en particulier économiques. Je décèle dans cette critique un réel danger visant justement à taire une bonne fois pour toutes le fait identitaire. Il est évident, au contraire, que la crise que nous traversons entraîne à travers le monde des phénomènes bien compréhensibles de repli sur soi et d’affirmation d’identité.
La Catalogne se réjouit dans un référendum, certes illégal mais qui a valeur de test, de la popularité d’une possible indépendance. L’Inde va se doter d’un nouvel Etat (le Telangana), le prélude peut-être à la morcellisation du sous-continent indien. Des vagues populistes se font jour de la Norvège à l’Italie du Nord. Comment, dans ces conditions, ne pas vouloir un échange sur la notion même de la France ? J’y vois moins le risque d’un défouloir xénophobe que l’occasion pour nous tous de faire preuve d’intelligence en posant clairement les substrats de ce qui nous définit. Ces instants ne sauraient être confrontations, mais enrichissement. Il n’appartient qu’à nous-mêmes de faire la différence. J’espère que nous aurons tous cette préoccupation à cœur le 18 janvier à 19 heures salle Maurice-Koehl.
Commentaires
1. Le mercredi 6 janvier 2010 à 15:32, par Michel
2. Le mercredi 6 janvier 2010 à 17:54, par Tous ensemble
3. Le mercredi 6 janvier 2010 à 21:20, par moi
4. Le jeudi 7 janvier 2010 à 09:06, par A POST 2 ET 3
5. Le jeudi 7 janvier 2010 à 10:51, par pour post 2 3 4
6. Le jeudi 7 janvier 2010 à 11:18, par Débat sur l'identité Buxangeorgienne
7. Le jeudi 7 janvier 2010 à 13:29, par ça promet ce débat sur l'identité nationale
8. Le jeudi 7 janvier 2010 à 14:01, par Laîcité
9. Le jeudi 7 janvier 2010 à 14:58, par L'âme des démocraties
10. Le jeudi 7 janvier 2010 à 16:27, par La famille en danger
11. Le jeudi 7 janvier 2010 à 23:02, par pas le premier
12. Le vendredi 8 janvier 2010 à 10:07, par En vertu de quoi le débat sur l'identité nationale se transformerait en un débat sur les finances de la ville
13. Le vendredi 8 janvier 2010 à 14:38, par le respect à double sens
14. Le vendredi 8 janvier 2010 à 14:59, par pour le post 13
15. Le vendredi 8 janvier 2010 à 15:37, par Démocratie encore
16. Le mercredi 13 janvier 2010 à 13:42, par Pour post 15
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