L’opposition autorise-t-elle tout ?
Par Hugues Rondeau, samedi 20 février 2010 à 14:02 :: Billet du jour :: permalien #706
Après l’accident que j’ai subi le 12 février, j’ai tenu à publier un texte, modeste mais qui se voulait surtout un hommage aux différentes personnes tant des services de pompiers que de l’hôpital de Lagny, qui m’ont secouru charitablement et m’ont porté assistance tout au long des moments difficiles que j’ai vécus. J’ai pu constater que ce billet a entraîné de la part de certains internautes des réflexions pour le moins désagréables, voire honteuses, visant à se réjouir de la souffrance qui était la mienne et à espérer, même pour certains, qu’elle ne cesse d’empirer.
Faut-il donc considérer que l’opposition à un maire autorise tout, y compris que celui-ci endure des souffrances physiques insupportables ? Je suis persuadé du contraire. Depuis 12 ans, et même avant lorsque j’étais un simple citoyen hostile à Bernard Ménager, je me suis évertué à placer le débat sur le plan des idées. Les gens qui espèrent que mon tibia et mon péroné brisés m’amènent à m’évanouir à nouveau, à me retourner sans cesse dans mon lit d’hospitalisation faute de calme et à ne plus pouvoir jamais emmener mes enfants à l’école le matin, se rendent-ils compte de ce qu’ils écrivent ?
Je préférerais les rencontrer lors des comités de quartier ou à la fin des conseils municipaux, m’apostropher sur le fonctionnement budgétaire de la collectivité territoriale ou les choix d’urbanisme qui sont les miens en me proposant des solutions alternatives. Est-il concevable, quand bien même s’oppose-t-on à une politique, que d’espérer le malheur le plus profond pour ceux et celles à qui l’on s’oppose ? D’abord la charité, un sens qui devrait être commun, amène, que nous soyons croyants ou pas, à rejeter une telle bassesse.
Ensuite, il y a la politique, prise au sens premier du terme. Il s’agit de la vie de la cité. Ce qui impose de définir un programme et de le défendre. Ce que je crois avoir fait avec courage pendant plus d’une décennie. Il est loisible à tous ceux qui ne croient pas que la voie suivie est juste de faire des pétitions, de venir manifester, de multiplier les demandes de rendez-vous. Je me suis toujours rendu disponible et je demeure à l’écoute des uns et des autres. Quel que soit leur parti politique ou leur engagement. Je n’ai par contre que le plus profond mépris pour celles et ceux qui croient que le fait de vivre ensemble se résume à des crachats, des invectives, voire des menaces ou des vœux de désespoir, de déshérence, de tort, de larmes.
Hospitalisé, et donc incapable de me mouvoir, j’ai regardé récemment, dans une de mes nuits de douleur et donc d’insomnie, l’un des films qu’a réalisé Margareth von Trotta, "Rosenstrasse". A la fin de la Seconde Guerre mondiale, une Allemande, considérée comme aryenne mais mariée à un juif, lutte pour éviter la déportation à son mari. Je n’hésite pas à dire que je crois reconnaître dans le visage des auteurs de ces quelques missives haineuses et donc baveuses (elles sont souvent extrêmement mal rédigées) le visage de ces bourreaux portant l’uniforme alors de l’Etat Nazi et prétendant instaurer un "Ordre Nouveau".
Si ces gens sont si sûrs de leur opinion, pourquoi ne viennent-ils pas en public lors d’une prochaine réunion où ils pourront m’apostropher, afficher leur vindicte et à travers leurs visages, leurs propos ouvertement filmés et diffusés sur le site de notre ville, répéter ce que l’anonymat d’internet leur permet d’affirmer ? S’ils souhaitent ma mort – il s’agit de cela car je les ai bien lus – je veux les voir le dire avec l’assurance qu’ils manifestent derrière leurs claviers. Je ne suis certes pas près de les croiser, ombres fuyantes de celles qui glissaient dans la boîte aux lettres de la Gestapo leurs missives de dénonciation.
J’ai fait de la défense de Bussy un combat, dont on peut contester largement les finalités, l’un des engagements forts de ma vie. Il n’en restera sans doute pour moi à la fin de mes jours que cette tentative d’avoir conduit à bien une ville nouvelle - j’espère la plus agréable à vivre que possible – et, heureusement pour la paix de mon âme et de mon cœur, je ne me suis jamais laissé allé à de tels débordements. Homme de foi, et donc de faiblesse (et j’en suis plus que jamais persuadé après avoir tant enduré moralement et maintenant physiquement) je place le débat ailleurs : nous avons à bâtir un ensemble humain qui demain fera plus de 30 000 habitants, sur impulsion de l’Etat, dans un cadre résidentiel et avec tous les services qui rendent le quotidien possible. En évitant pour autant le piège propre aux villes nouvelles - qui est toujours si près de nous – de l’endettement massif en raison du désengagement des pouvoirs publics.
A mes ennemis (à ce stade, il ne s’agit plus d’adversaires), j’adresse pour ma part des vœux de rétablissement. Ceux de leur état psychique.
Commentaires
1. Le samedi 20 février 2010 à 16:34, par Caliméro ?
2. Le samedi 20 février 2010 à 21:21, par attention aux dalles des rues!!
3. Le samedi 20 février 2010 à 21:43, par liberté d'expression
4. Le samedi 20 février 2010 à 22:48, par Lecture objective
5. Le dimanche 21 février 2010 à 08:28, par un jour député
6. Le dimanche 21 février 2010 à 09:27, par Toujours victime
7. Le dimanche 21 février 2010 à 09:32, par Diffamation
8. Le dimanche 21 février 2010 à 11:15, par vous pétez les plombs
9. Le dimanche 21 février 2010 à 13:02, par M.H Rondeau rejoint les plus grands
10. Le lundi 22 février 2010 à 10:40, par mick
11. Le lundi 22 février 2010 à 12:25, par FN
12. Le lundi 22 février 2010 à 20:01, par pictor
13. Le mardi 23 février 2010 à 09:30, par Ciel !
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