Le weblog de Hugues Rondeau.

La liberté c'est ensuite le vide, un vide à désespérément recenser. Après, chers emmurés éminentissimes,
                       c'est la forte odeur de votre dénouement. Comment vous surprendrait-elle ?
                                                          René Char, le Nu perdu

L’opposition autorise-t-elle tout ?

Après l’accident que j’ai subi le 12 février, j’ai tenu à publier un texte, modeste mais qui se voulait surtout un hommage aux différentes personnes tant des services de pompiers que de l’hôpital de Lagny, qui m’ont secouru charitablement et m’ont porté assistance tout au long des moments difficiles que j’ai vécus. J’ai pu constater que ce billet a entraîné de la part de certains internautes des réflexions pour le moins désagréables, voire honteuses, visant à se réjouir de la souffrance qui était la mienne et à espérer, même pour certains, qu’elle ne cesse d’empirer.

Faut-il donc considérer que l’opposition à un maire autorise tout, y compris que celui-ci endure des souffrances physiques insupportables ? Je suis persuadé du contraire. Depuis 12 ans, et même avant lorsque j’étais un simple citoyen hostile à Bernard Ménager, je me suis évertué à placer le débat sur le plan des idées. Les gens qui espèrent que mon tibia et mon péroné brisés m’amènent à m’évanouir à nouveau, à me retourner sans cesse dans mon lit d’hospitalisation faute de calme et à ne plus pouvoir jamais emmener mes enfants à l’école le matin, se rendent-ils compte de ce qu’ils écrivent ?

Je préférerais les rencontrer lors des comités de quartier ou à la fin des conseils municipaux, m’apostropher sur le fonctionnement budgétaire de la collectivité territoriale ou les choix d’urbanisme qui sont les miens en me proposant des solutions alternatives. Est-il concevable, quand bien même s’oppose-t-on à une politique, que d’espérer le malheur le plus profond pour ceux et celles à qui l’on s’oppose ? D’abord la charité, un sens qui devrait être commun, amène, que nous soyons croyants ou pas, à rejeter une telle bassesse.

Ensuite, il y a la politique, prise au sens premier du terme. Il s’agit de la vie de la cité. Ce qui impose de définir un programme et de le défendre. Ce que je crois avoir fait avec courage pendant plus d’une décennie. Il est loisible à tous ceux qui ne croient pas que la voie suivie est juste de faire des pétitions, de venir manifester, de multiplier les demandes de rendez-vous. Je me suis toujours rendu disponible et je demeure à l’écoute des uns et des autres. Quel que soit leur parti politique ou leur engagement. Je n’ai par contre que le plus profond mépris pour celles et ceux qui croient que le fait de vivre ensemble se résume à des crachats, des invectives, voire des menaces ou des vœux de désespoir, de déshérence, de tort, de larmes.

Hospitalisé, et donc incapable de me mouvoir, j’ai regardé récemment, dans une de mes nuits de douleur et donc d’insomnie, l’un des films qu’a réalisé Margareth von Trotta, "Rosenstrasse". A la fin de la Seconde Guerre mondiale, une Allemande, considérée comme aryenne mais mariée à un juif, lutte pour éviter la déportation à son mari. Je n’hésite pas à dire que je crois reconnaître dans le visage des auteurs de ces quelques missives haineuses et donc baveuses (elles sont souvent extrêmement mal rédigées) le visage de ces bourreaux portant l’uniforme alors de l’Etat Nazi et prétendant instaurer un "Ordre Nouveau".

Si ces gens sont si sûrs de leur opinion, pourquoi ne viennent-ils pas en public lors d’une prochaine réunion où ils pourront m’apostropher, afficher leur vindicte et à travers leurs visages, leurs propos ouvertement filmés et diffusés sur le site de notre ville, répéter ce que l’anonymat d’internet leur permet d’affirmer ? S’ils souhaitent ma mort – il s’agit de cela car je les ai bien lus – je veux les voir le dire avec l’assurance qu’ils manifestent derrière leurs claviers. Je ne suis certes pas près de les croiser, ombres fuyantes de celles qui glissaient dans la boîte aux lettres de la Gestapo leurs missives de dénonciation.

J’ai fait de la défense de Bussy un combat, dont on peut contester largement les finalités, l’un des engagements forts de ma vie. Il n’en restera sans doute pour moi à la fin de mes jours que cette tentative d’avoir conduit à bien une ville nouvelle - j’espère la plus agréable à vivre que possible – et, heureusement pour la paix de mon âme et de mon cœur, je ne me suis jamais laissé allé à de tels débordements. Homme de foi, et donc de faiblesse (et j’en suis plus que jamais persuadé après avoir tant enduré moralement et maintenant physiquement) je place le débat ailleurs : nous avons à bâtir un ensemble humain qui demain fera plus de 30 000 habitants, sur impulsion de l’Etat, dans un cadre résidentiel et avec tous les services qui rendent le quotidien possible. En évitant pour autant le piège propre aux villes nouvelles - qui est toujours si près de nous – de l’endettement massif en raison du désengagement des pouvoirs publics.

A mes ennemis (à ce stade, il ne s’agit plus d’adversaires), j’adresse pour ma part des vœux de rétablissement. Ceux de leur état psychique.

Trackbacks

Aucun trackback.

Les trackbacks pour ce billet sont fermés.

Commentaires

1. Le samedi 20 février 2010 à 16:34, par Caliméro ?

Je pense cher monsieur que vos commentaires frolent la paranoïa.
A aucun moment les internautes ont eu de tels commentaires.
Profittez de votre séjour pour faire consulter votre psychisme.

2. Le samedi 20 février 2010 à 21:21, par attention aux dalles des rues!!

Bonjour,
je ne sais pas où vous êtes tombé ni à quelle école va votre fils mais il faut absolument faire quelque chose pour l'allée qui va de la rue andré malraux à l'école antoine giroust(je ne pourrais plus vous dire le nom de cette allée,étant donné que le panneau est illisible car tagué depuis plus d'un an),entre les différences de niveau qui font de vraie mare par temps de pluie,les dalles descellées et une vraie patinoire par temps de neige (aucun salage),ce sont nos enfants et leurs parents qui risquent leurs chevilles tous les jours!!...
sans compter que maintenant il faut en plus slalomer entre les crottes de chien!! (le panneau étant devenu illisible!)

3. Le samedi 20 février 2010 à 21:43, par liberté d'expression

"La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire. Quand il est permis de tout dire, la vérité parle d'elle-même et son triomphe est assuré."
- Henri LeClerc, "La liberté d'expression et Internet,

4. Le samedi 20 février 2010 à 22:48, par Lecture objective

Je viens de relire les 38 posts du billet précédent et personne n'a souhaité que votre souffrance ne cesse d'empirer ou que vous vous évanouissiez à nouveau. Un peu de retenue et de mesure, vous perdez votre sang frod !

5. Le dimanche 21 février 2010 à 08:28, par un jour député

Ne pas perdre espoir. Même un douillet peut devenir député.

6. Le dimanche 21 février 2010 à 09:27, par Toujours victime

Post 1 a vu clair. C'est en psychiatrie que vous auriez dû aller.

La paranoïa est une psychose chronique caractérisée par un délire souvent bien organisé (délire de persécution, délire des grandeurs ou de jalousie), la toute-puissance de l'interprétation personnelle au détriment de la confrontation des points de vue avec autrui, la conservation des facultés intellectuelles, et qui n'évolue généralement pas vers l'effondrement. Ce trouble de la personnalité peut toutefois entraîner une souffrance cliniquement significative et une altération du fonctionnement social et professionnel.

7. Le dimanche 21 février 2010 à 09:32, par Diffamation

C'est scandaleux, facile et indécent de traiter les Internautes de nazis et de collabos.

8. Le dimanche 21 février 2010 à 11:15, par vous pétez les plombs

On voit bien là votre vrai visage!!!

Traiter les buxangeorgiens de nazis et de collabos est une grave erreur politique et diffamant.

J'espère que les quotidiens de seine et marne vont s'emparer de cet billet ........... qui est l'expression même qu'une opposition crédible est là même parmi vos électeurs qui ne vous soutiennent plus au vue des nombresuses erreurs de votre gestion.

Heureusement que la CRC veille ...........

9. Le dimanche 21 février 2010 à 13:02, par M.H Rondeau rejoint les plus grands

APRES CES MALADES, CES CROYANTS QUI NOUS GOUVERNENT !
On se demande si notre monde est entre de bonnes mains?

Dans un ouvrage qui avait fait sensation dans la fin des années 70, « Ces malades qui nous gouvernent », Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce analysaient dans le détail les pathologies qui ont miné la vie des grands dirigeants contemporains. Franklin Roosevelt était malade à Yalta. Mais on ignorait que sa tension artérielle atteignait alors trente à son maximum,troublant sa lucidité dans la négociation capitale qu’il engageait avec Staline sur le partage du monde.

Personne n’avait révélé que le président John F. Kennedy passait couché la moitié de ses journées, atteint d’une grave maladie des glandes surrénales, à l’époque même où Khrouchtchev installait les fusées soviétiques à Cuba.

D’autres grands de ce monde ont souffert de graves problèmes de santé durant l’exercice de leurs fonctions comme le chinois Mao Tse Tung , le russe Léonid Brejnev, le pape Pie XII.

Quel Français, enfin, pourrait oublier le calvaire des derniers mois de Georges Pompidou.

Des dirigeants moins importants mais qui ont marqué le siècle dernier par la longévité de leur présence, comme le portugais Antonio Salazar ou l’espagnol Francisco Franco, ont connu des déboires de santé qui ont marqué l’histoire de leur pays.

En 1991, Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce lançaient un nouvel opus dans lequel étaient mises à nu les maladies dont souffraient les dirigeants d’états moins importants : l’ Ayatollah iranien Khomeiny, le guide de la nation libyenne Mouammar Kadhafi, le dictateur roumain Nicolae Ceausescu, l’algérien Houari Boumediene, l’israélienne Golda Meyer ou le malien Sékou Touré.

Tous ces dirigeants politiques ont subi des malaises pathologiques qui ont eu des répercussions plus ou moins grandes sur la marche du monde ou du moins sur la marche de leur pays et des pays voisins.

Et voilà que en janvier 2006, parait « Ces croyants qui nous gouvernent » dans lequel les quatre auteurs, chacun ayant choisi l’homme politique qui relève de sa sphère de compétence ou de connaissance, nous dévoilent le cheminement spirituel de quatre dirigeants parmi les plus puissant du monde.

On retrouve dans la partie réservée à George W. Bush que la foi l’aurait sauvé de l’alcoolisme mais que l’actuel président américain, malgré une jeunesse assez mouvementée, a été depuis très longtemps plongé dans une ambiance religieuse. C’est ainsi qu’enfin de compte George W. Bush croit fermement qu’il est investi d’une mission divine, ce qui l’absout – croit-il – de rendre des compte de son action.

Pour Tony Blair, il faut retenir que l’influence de la religion est très présente dans sa construction intellectuelle. Lors d’un entretien avec le nouveau premier ministre britannique, Matthew d’Ancono, aujourd’hui directeur adjoint à la rédaction du Sunday Telegraph se déclare impressionné par « son érudition exégétique et sa passion intellectuelle et même religieuse ». Bien que maniant avec beaucoup de prudence l’argument religieux, Tony Blair n’hésite à s’en servir à tel point que son conseiller en communication le fameux Alastair Cambell a dû intervenir lors d’une conférence de presse pour empêcher Tony Blair de répondre à une questions sur sa proximité religieuse avec le président américain.

Plus anecdotique est l’approche religieuse de Vladimir Poutine, le cynique dirigeant russe, formé à l’école du KGB soviétique. Il aurait rencontré Dieu qui se serait révélé à lui sous la forme d’une croix de baptême sauvée des flammes d’un incendie qui a ravagé sa datcha. Cet intérêt de Poutine pour la religion relève bien plus de la manœuvre politique que la spiritualité. Il a pu ainsi gagner et la confiance d’une partie de l’électorat russe et celle du président américain qui voit en lui l’allié objectif des USA contre les forces du mal.

La relation de Jacques Chirac avec la religion est bien plus naturelle. S’il se plie volontiers aux règles protocolaires des cérémonies religieuses officielles auxquelles il assiste, il ne le fait jamais sans une certaine raideur qui témoigne de sa gêne. Cependant, Jacques Chirac reste ouvert aux autres formes de spiritualité et aux autres civilisations, même les plus éloignées de sa propre culture.

L’intérêt de ce livre aurait plus profond si une partie avait été réservée au cas d’autres chefs d’état, notamment des chefs d’état musulmans dont l’influence sur la marche du monde est plus que pesante et dont la foi est parfois sinon toujours très forte et surtout ostensiblement mise en évidence.

Réfences :

CES MALADES QUI NOUS GOUVERNENT. Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce. Première édition : Editeur : Librairie Générale Française (LGF) – 1978. Suite : Editeur : Librairie Générale Française (LGF) – 1991.

CES CROYANTS QUI NOUS GOUVERNENT. Christian Roudaut, Françoise Daucé, Alexis Delahousse et Emmanuel Saint-Martin. Payot – 2006.

10. Le lundi 22 février 2010 à 10:40, par mick

Je nous ai relu, et comme mes prédécesseurs, je n'ai lu aucun commentaire qui se réjouissait de votre douleur, voire pire, souhaitais votre trépas.
La seule chose, c'est qu'un certain nombre d'entre nous, vous propose de mettre à profit votre immobilisation pour vous pencher sur les problèmes buxangeorgiens, plutôt que de vous exiler vers d'autres cieux.
A moins que vous n'ayez censuré quelques propos qui auraient dépassé les limites, ce qui serait ironique au regard des accusations que vous proférez ensuite.

Mais si vous vous inquiétez tant que nous nous défoulions ainsi, sur ce blog, plutôt que dans des réunions publiques, pourquoi n'organisez-vous pas une grande réunion sur l'état des finances locales ? Pourquoi n'avez-vous toujours pas réuni le groupe de travail sur le quartier des Sycomores que vous aviez pourtant promis et alors que les travaux débutent ?
Des réunions de quartier, j'y suis allé, mais vous entendre votre numéro d'acteur, sans tenir compte de ce que dit le public qui a pris de son temps pour vous faire part de ses réciminations m'a lassé. Entendre votre adjoint lister les questions évoqués le semestre précédent en ajoutant systématiquement que la solution est en cours de réflexion (c'est vrai que l'élagage d'arbres devant des panneaux de circulation, ça impose une longue réflexion), m'a montré tout l'intérêt que vous portez à ces rencontres.
Je serai bien allé aux conseils municipaux pour vous interpeller à la fin, mais vu que vous n'y allez plus désormais, à quoi bon ? Et puis, si vous m'écoutez comme vous le faites en réunion de quartier, j'aurai l'impression de perdre mon temps.

Mais quand maintenant, vous venez nous accuser de fascisme (c'est ironique venant de la part d'un ancien pratiquant), je m'interroge sur votre volonté de gêrer cette ville.
Inventer une faute pour pouvoir accuser ses adversaires ou ceux que l'on veut éliminer, celà rappelle l'incendie du Reichstadt. A ceci prêt, que je me garderai bien de vous comparer à un Hitler, car Dieu merci, vous n'en êtes pas là. Mais peut-être que j'ai encore un fond de dignité.

11. Le lundi 22 février 2010 à 12:25, par FN

Tout à fait d'accord avec le post 10.
Balayez devant votre porte ; mais il est vrai que votre appartenance au FN rejailli de temps en temps dans vos excès et propos.
Donc calmez vous et parlons de choses plus sérieuse la dette de Bussy par exemple .......... dévoilez la vérité !!!!! tout le monde l'attend.

12. Le lundi 22 février 2010 à 20:01, par pictor

ca suffit il faut arreter les frais la connerie summerge tout

13. Le mardi 23 février 2010 à 09:30, par Ciel !

Mr Rondeau comment pouvez-vous écrire un tel texte basé encore une fois sur rien et créer tant de "bordel" sur votre blog!
Je me demande quel y est votre intérêt sauf à prouver que vous avez un problème relationnel et surtout de communication.
Je ne vois pas dans les posts indiqués ce que vous affirmez même si certains d'entre eux sont un peu limite.....mais que voulez vous vous provoquez donc il faut s'attendre à de tels excès des deux parties.

Ajouter un commentaire

A noter

Rendez-vous

Voir : Quelques écrits

Retrouvez-moi sur Facebook

Liens

Liens sites web

Contact

 

 

_______________________

6 personnes connectées

_______________________